(publié le 25/01/2012 à 19:29 sur www.mylorraine.fr)
Audrey Martinez est jeune, belle, ronde et a décidé de porter sa différence au devant de la scène, prouvant par sa démarche aux ayatollahs de la minceur qu'on peut être dynamique et ronde, hors des diktats de la minceur, et belle. La jeune femme, de retour de Paris où elle a été sacrée première dauphine de Miss Ronde France, nous livre ses impressions sur ce statut et ses corollaires...
Mylorraine.fr : Vos premières impressions à chaud ?
Audrey Martinez : Heureuse, étonnée surprise ! Plein de choses se mêlent, j'arrive pas encore à tout démêler mais beaucoup de joie au demeurant... De très belles rencontres aussi bien professionnellement qu'humainement avec les stylistes, les coiffeurs, les autres filles...
ML : C'est comme une colonie de vacances finalement...
AM : (rires) Ouais c'est ça ! Entre filles !
ML : Qu'est-ce qui pousse à participer à Miss Ronde ?
AM : C'était avant tout pour surmonter mes complexes, ma peur, tout ce qui était difficile à assumer depuis mon adolescence. L'idée c'était de surplomber tout ça pour apprendre à m'aimer.
ML : Vous y êtes allée complexée ?!
AM : Tout à fait, j'ai fait un pas en avant avec les rencontres, le travail de maintien, les photos, tout ça fait beaucoup de bien, d'être chouchoutée, perçue autrement. Après, ça ne guérit pas totalement mais ça aide ! Vis à vis du regard des autres, c'est un vrai pas en avant parce que mes complexes m'ont souvent bloqués ou empêchés d'avancer, surtout plus jeune... Tout ça m'a fait beaucoup de bien !
ML : A regarder les miss rondes 2012, on a pu observer qu'elles sont très différentes, plus que les miss traditionnelles qui semblent faites dans le même moule... Outre l'idée de montrer une autre forme de beauté que les « canons » classiques, on peut noter une vraie ouverture dans les perspectives de la beauté...
AM : Notre but, dans l'association, c'est de défendre un projet qui ferait que dans l'avenir on mette toutes sortes de femmes en avant, qu'elles soient petites, rondes, minces, etc. Est-ce que c'est réalisable tout de suite ? Je ne sais pas, mais d'un point de vue philosophique, on cherche à montrer la beauté dans la différence, pas spécialement par rapport à la rondeur, la minceur ou d'autres critères. La réalité de ce concours, c'est de montrer qu'on peut être jolie au delà des critères de sélection traditionnels... Même si on a encore du mal à le faire comprendre, parce que les gens restent souvent bloqués sur ces archétypes. Par exemple sur internet, même sur la page de Miss Ronde et parfois dans le public du concours, des gens sont venus dire qu'on était des obèses, que c'était moche, qu'il fallait pas « exhiber le gras », que c'était la « foire aux gras », qu'on était des « monstres »... On a aussi eu des gens qui venaient mettre des avis positifs mais les réactions négatives violentes ont été nombreuses...
ML : C'est effectivement très violent !
AM : Oui ! Et puis des gens qui confondent tout, parce que les gens viennent nous parler de nos IMC en mélangeant la santé, le physique... Nous on n'est pas là-dessus du tout ! On est là pour dire que tout le monde a le droit de se sentir bien, aimé, apprécié, attirant. Y a des tas de types de morphologie et finalement c'est aussi bien !
ML : Alors est-ce que tout ça permet de balayer certains préjugés ?
AM : Ce sera long (dit-elle en riant) mais je pense que ça aide, lentement mais sûrement. D'ailleurs certains stylistes se bougent, les lignes pour rondes changent peu à peu et puis peut être qu'un jour, qu'on soit ronde maigre, ou grosse, on est avant tout des femmes avec des personnalités propres. Mais bon, on juge encore trop les gens d'après l'aspect physique !
ML : Parlons de ces préjugés, il est communément admis, semble-t-il, que toute personne dépassant l'IMC jugé par la plèbe acceptable, s'empiffre, or les causes de sur-poids sont légions. Ce sont des sujets que vous abordez ?
AM : On a beaucoup parlé oui, c'est pas parce qu'on est ronde qu'on mange cinq fois par jour et qu'on se gave de chips dans le canapé. Ça peut être génétique, ou venir d'un problème de santé, ça vient aussi parfois de l'alimentation bien sûr. Mais c'est vrai que les gens sont souvent virulents et ramènent tout à ça sans penser aux autres causes. Et puis y a des maigres qui s'empiffrent, on n'est pas égaux face au poids, c'est ainsi ! Moi je suis pas mal active, je suis gourmande, j'aime les sucreries, mais j'aime aussi bouger, mon boulot, la natation et ça m'empêche pas d'avoir des rondeurs et beaucoup des autres miss rondes étaient tout aussi dynamiques ! Cette idée que « rond égale feignant » nous colle malheureusement encore à la peau...
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(publié le 25/01/2012 à 10:20 sur www.mylorraine.fr)
Yusef El-saleh, artiste palestinien prolifique avec ses collages, le design et parfois même de la poésie, mais surtout avec ses peintures et sculptures sur bois peintes, s'est installé dans le Val d'Ajol et expose à Metz. Une chance pour la capitale régionale, puisque cet artiste d'envergure internationale a reçu de nombreux prix, notamment le premier prix au Salon International de Sculpture de Nolay et le prix Georges Hilbert de la Société Nationale des Beaux-Arts au Carrousel du Louvre...
Mylorraine.fr : Beaucoup de techniques employées dans les médiums artistiques. Comme j'ai vu que vous étiez architecte de formation, je me demandais si c'était la pratique de l’architecture qui avait formé votre œil et votre main ?
Yusef El-Saleh : Non, en fait, l'art a toujours été ce qui me motivait le plus, mais l'architecture m'a donné quelques techniques.
ML : L'art ornemental arabe vous inspire par exemple ?
YE-S : Je passe plutôt par une certaine interprétation de l'art ornemental arabe, mais ce ne sont pas les seuls éléments architecturaux dont je m'inspire, c'est uniquement comme intégration de certains motifs que je m'en sers. Par exemple, si vous regardez certains collages, on y voit des maisons colorées qui peuvent aussi être des maisons méditerranéennes... Je ne me limite pas aux éléments architecturaux arabes, je n'ai d'ailleurs pas de vocation orientaliste, c'est une interprétation de l'universalité qui passe par des codes très différents. Je ne peux pas nier mes origines mais je ne les utilise pas plus que d'autres codes finalement...
ML : J'ai perçu une dichotomie : espoir et désespoir, paix et terreur, ce sont des « pôles » par lesquels vous-même passez ? Êtes-vous ainsi tantôt désolé, abattu, tantôt confiant ?
YE-S : Oui mais c'est universel, l'espoir est partout, tout comme la paix, la liberté. C'est sur que je ne peux nier mes origines mais le propos n'est pas là, ce sont des sentiments, des notions qui existent partout sur terre, j'insiste sur la dimension universelle de mon travail.
ML : Cet investissement, est-il dû à vos origines palestiniennes ?
YE-S : La situation de la Palestine est la même que partout où il subsiste des opprimés et quelles que soient les raisons de l'oppression. A une époque je faisais des dessins en noir et blanc sur le thème de la Palestine, c'est sûr que ça a certainement inspiré mon travail mais ce message de paix et de liberté il est pour tous, pas que pour la Palestine.
ML : On sent que vous vous êtes nourri de beaucoup de cultures, je pense notamment à votre vision de l'occulte qui fourmille de grands archétypes très divers : fées, sorciers, prophètes, vestales...
YE-S : Oui je me suis inspiré de tout, consciemment ou non, et la culture occidentale comme orientale font partie de ma vie, tout autant l'une que l'autre.
ML : J'ai vu une succession de sculptures très diverses : une vestale, un cri, des abstractions comme les Deux visages de la vie et … Ma chaise. De l'auto-dérision dans cette gravité donc ?
YE-S : La chaise c'est un clin d’œil oui, mais j'aimerais aussi faire plus de design. D'ailleurs sur cette chaise il y a le même motif que sur certaines de mes sculptures.
ML : Vous semblez ne vous limiter à aucun médium dans la création...
YE-S : Je ne peux pas me limiter, quand je pense une œuvre, je sais dès le départ quel moyen sera utilisé et quelle forme prendra l'objet final, donc je ne me limite jamais !
ML : Comme certains écrivains, en posant le crayon sur le papier, ont déjà le livre en tête...
YE-S : C'est ça !
ML : Le traitement de la couleur m'a frappé, toujours les couleurs primaires, quelle en est la signification ?
YE-S : Toujours la symbolique, surtout dans les plus récentes, les cinq couleurs initiales représentent les cinq continents, c'est l'humanité qui est représentée de manière brute.
ML : Que signifient les points ?
YE-S : Beaucoup de personnes croient que l'inspiration est aborigène mais c'est une intégration de la langue allemande que j'ai beaucoup pratiqué, et qui utilise beaucoup le point, c'est donc une retranscription de la langue. Mais il y a d'autres symboles récurrents : les colombes, les personnages qui représentent les différences de l'humanité et ses similitudes. D'ailleurs, certains personnages n'ont qu'un œil : on ne peut tout voir, tout savoir, la vérité nous échappe toujours en partie, on est toujours aveugle d'un œil... Le savoir est important, mais l'espoir reste toujours le plus fort, il y a du doute mais avec l'espérance positive qui est primordiale.
ML : L'engagement est-il le corollaire de l'art ?
YE-S : Pour moi l'art a toujours un message que ce soit en musique, en peinture, quoi que ce soit, ça doit porter quelque chose. Je ne peux pas faire une œuvre sans avoir une vraie idée, un message...
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